Faire appel à des partenaires locaux pour s’adapter aux spécificités culturelles

Pour mener à bien des pro­jets de déve­lop­pe­ment en matière de san­té, les bonnes inten­tions ne suf­fisent pas… Outre la volon­té, les savoir-faire et les moyens d’actions, il faut aus­si pen­ser à la néces­saire adap­ta­tion des pro­jets aux cultures locales. Chez Ahim­sa Fund, nous insis­tons sur cet aspect fon­da­men­tal : un pro­jet qui a fait ses preuves à Manille ne les fera pas for­cé­ment à Kat­man­dou (et vice-ver­sa). Il faut por­ter un soin par­ti­cu­lier aux dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés cultu­relles : c’est ici qu’interviennent les par­te­naires locaux ! Ahim­sa Fund entre­tient avec ces acteurs incon­tour­nables une rela­tion pri­vi­lé­giée, déci­sive pour la bonne conduite des pro­jets : à nous de les for­mer, à eux de nous infor­mer.

L’accès aux soins encadré par les partenaires locaux

Chez Ahim­sa Fund, nous pen­sons qu’un savoir-faire sert tou­jours à deux choses : à le mettre en appli­ca­tion et à le trans­mettre. Nous basons donc notre rela­tion avec les par­te­naires locaux sur cette phi­lo­so­phie : nous les sen­si­bi­li­sons à nos pro­jets quand eux nous sen­si­bi­lisent aux spé­ci­fi­ci­tés cultu­relles locales.

Le rapport à l’intimité : un exemple parmi d’autres

Le cas du pro­jet de dépis­tage du can­cer du col de l’utérus est exem­plaire à cet égard. Cette pra­tique médi­cale, direc­te­ment liée à l’intimité fémi­nine, néces­site les plus grandes pré­cau­tions dans son approche : le rap­port au corps étant très variable d’une culture à l’autre. Une femme du Ban­gla­desh ne réagi­ra pas à cette démarche de la même manière qu’une femme du Burun­di. Dans des pays où la reli­gion marque de son empreinte la culture, une femme ne pour­ra par exemple qu’être trai­tée par une autre femme et non par un homme. Les croyances et les tra­di­tions de cha­cun doivent être scru­pu­leu­se­ment res­pec­tées ; ten­ter de « pas­ser en force » au nom d’impératifs médi­caux pour­rait engen­drer des consé­quences désas­treuses, comme le rejet total d’un pro­jet de san­té par la popu­la­tion. C’est pour cela que les par­te­naires choi­sis loca­le­ment sont déter­mi­nants : ils nous enseignent les us et cou­tumes à res­pec­ter et nous accom­pagnent dans cha­cune de nos démarches. 

« La diver­si­té cultu­relle qui se retrouve dans le monde demande des com­pé­tences sociales et morales
pour favo­ri­ser la tolé­rance, l’ouverture à la dif­fé­rence et le res­pect mutuel. »

Guy Parent 

Ahimsa Fund et ses partenaires locaux : un échange de bons procédés

En échange de cet accom­pa­gne­ment et, plus encore, dans une dyna­mique d’empo­werment des popu­la­tions locales, Ahim­sa Fund donne la pos­si­bi­li­té à ses par­te­naires locaux d’effectuer des stages et autres séjours en dehors de leur pays ou de faire venir des experts étran­gers chez eux pour les for­mer. La coopé­ra­tion inter­na­tio­nale et les pro­jets de déve­lop­pe­ment glo­bal prennent ici tout leur sens : les liens se tissent, le réseau s’étoffe et les com­pé­tences s’échangent… In fine, un pro­jet bâti pour être pérenne prend forme. 

partenaires locaux

La for­ma­tion des par­te­naires locaux
Dans le cas du pro­jet de dépis­tage du can­cer du col de l’utérus au Burun­di, Ahim­sa Fund a entre­pris de for­mer les équipes locales avant de les invi­ter en France pour leur apprendre les dif­fé­rentes spé­ci­fi­ci­tés tech­niques liées au pro­jet. Ahim­sa Fund a éga­le­ment ras­sem­blé des infir­mières ain­si que des méde­cins fran­çais et cana­diens, afin d’apporter le meilleur enca­dre­ment pos­sible à nos par­te­naires burun­dais.

« Quand deux cultures se ren­contrent, non en s’affrontant mais en se réunis­sant,
ensemble, épaule contre épaule, une révo­lu­tion peut se pro­duire. »

Sœur Emma­nuelle

La culture façonne la manière dont un peuple regarde le monde et les hommes qui le com­posent. Elle crée la diver­si­té mais per­met aus­si de dépas­ser les dif­fé­rences pour apprendre de l’autre. Dépas­ser cette alté­ri­té, ce n’est pas en faire abs­trac­tion, mais com­po­ser avec elle. C’est en s’appuyant sur ce type de constat humain assez simple en appa­rence, mais si exi­geant en appli­ca­tion, qu’Ahimsa Fund tente de déve­lop­per ses pro­jets. Un pro­jet n’est jamais trans­po­sable tel quel : il faut en ajus­ter toutes les facettes et le trans­for­mer pour l’adapter aux spé­ci­fi­ci­tés cultu­relles de chaque région. Le contexte est un élé­ment consub­stan­tiel de la réus­site d’un pro­jet : c’est pour cela qu’Ahimsa Fund s’appuie sur des par­te­naires locaux qui, avec ses ambas­sa­deurs, sont les acteurs essen­tiels de son réseau.