Interview de la Comtesse Setsuko de Rola par Omer Cimpaye

La nature nous parle mais on ne l’écoute pas, appre­nons donc à uti­li­ser nos 5 sens pour cap­ter le mes­sage que nous adresse notre envi­ron­ne­ment.

C’est sur cette phrase que l’artiste de l’UNESCO, Set­su­ko Klos­sows­ka de Rola, ne ces­sait de reve­nir tout au long de l’interview.

OC : Bon­jour Madame la Com­tesse, mer­ci à vous d’avoir accep­té ma pro­po­si­tion d’interview. Dans un pre­mier temps, pou­vez-vous nous en dire plus à votre sujet ?

SKR : Je suis née à Tokyo. Grâce à l’éducation tra­di­tion­nelle reçue de ma grand-mère, j’ai déve­lop­pé, depuis mon enfance, un atta­che­ment par­ti­cu­lier aux valeurs spi­ri­tuelles du Japon. Après mon mariage avec Bal­thus, qui était à l’époque le direc­teur de l’Académie de France à Rome, je suis deve­nue peintre. Nous avons pas­sé quinze années à la Vil­la Medi­ci pour nous ins­tal­ler après en Suisse, au Grand Cha­let de Ros­si­nière, où je conti­nue à vivre main­te­nant. Après la dis­pa­ri­tion de Bal­thus, j’ai com­men­cé à m’aventurer dans toutes sortes de domaines inex­plo­rés – écrire des essais, don­ner des confé­rences, par­ti­ci­per aux col­loques – et j’ai déve­lop­pé une vraie conscience de la joie de m’exprimer, en exté­rio­ri­sant mes pen­sées. A côté de la pein­ture et de mon acti­vi­té d’artiste de l’UNESCO pour la paix et main­te­nant ma par­ti­ci­pa­tion à aux Forums Ahim­sa, pen­dant lequel je peux faire des ren­contres excep­tion­nelles qui ins­pirent mon tra­vail, j’ai com­men­cé à faire beau­coup de mode­lage et de céra­mique avec Astier de Vil­latte.

OC : Votre orga­ni­sa­tion, Bal­thus Foun­da­tion, a-t-elle des points com­muns avec Ahim­sa Fund ?

SKR : Ce qui me rap­proche de l’activité d’Ahimsa Fund est son enga­ge­ment dans le domaine de la san­té d’un point phy­sique et aus­si bien spi­ri­tuel, et cela par le moyen de l’art, qui me concerne et dans lequel je suis heu­reuse de m’engager.

OC : Quels sont les défis que vous avez dans la réa­li­sa­tion de vos pro­jets et qu’est-ce qui pour­rait vous aider à la per­fec­tion de vos pro­jets ?

SKR : Le mot défi me donne l’impression d’un conflit, d’un dif­fé­rend, tan­dis que mon tra­vail est une recherche pro­fonde d’harmonisation, avec moi-même et avec le monde. Je retrouve un exemple tout à fait extra­or­di­naire de cette démarche dans l’activité de Mar­gue­rite Baran­kitse, qui a su créer, au Burun­di, un réseau d’orphelinats où les conflits impla­cables des tri­bus ennemies semblent trou­ver fina­le­ment la paix.

OC : Quelle votre vision du monde dans les 30 ans à venir ? Quelles recom­man­da­tions, don­ne­riez-vous à la jeu­nesse ?

SKR : Le futur est le pro­duit du pré­sent, donc la meilleure manière de pen­ser au futur, et de sau­ve­gar­der notre monde, est de main­te­nir le maxi­mum de conscience et de vigi­lance pos­sible sur le pré­sent. C’est bien cela que je sou­haite à la jeu­nesse pour l’avenir.

 

Omer Cim­paye
Omer est un jeune méde­cin géné­ra­liste avec une exper­tise dans la prise en charge des per­sonnes vivants avec le VIH-SIDA. Il ter­mine actuel­le­ment sa spé­cia­li­sa­tion en sciences de la san­té publique à fina­li­té « Epi­dé­mio­lo­gie et éco­no­mie de la san­té » au sein de l’université de Liège en Bel­gique. Depuis l’obtention de son diplôme de méde­cine géné­rale en 2011, il a tra­vaillé à l’hôpital Rema de Mai­son Sha­lom, une ONG fon­dée par Mar­gue­rite Baran­kitse. Il a d’abord été méde­cin res­pon­sable du ser­vice de prise en charge des per­sonnes vivant avec le VIH-SIDA avant d’être nom­mé direc­teur de cet hôpi­tal en 2013. Il a été une per­sonne-clé dans le pro­jet du dépis­tage du can­cer de l’utérus au Burun­di qui a été ini­tié par Ahim­sa Fund en par­te­na­riat avec Mai­son Sha­lom. Sa cita­tion pré­fé­rée est celle de George Ber­nard Shaw « Le pire péché envers nos sem­blables, ce n’est pas de les haïr, mais de les trai­ter avec indif­fé­rence ; c’est là l’essence de l’inhumanité. ».