Ahimsa et la Jeunesse

C’est un cli­ché de répé­ter que les jeunes repré­sentent le futur, c’est autre chose de réa­li­ser que 43 pour cent des habi­tants de notre pla­nète ont moins de 25 ans. Les 1,8 mil­liards de jeunes, tels que clas­sés par l’OMS, c’est à dire ayant entre 15 et 29 ans, ne sont pas seule­ment le futur mais sur­tout très concrè­te­ment le pré­sent.

Heu­reu­se­ment, il y a d’innombrables exemples de jeunes gens qui, de leur propre ini­tia­tive, agissent contre les défaillances dont ils sont témoins, dédiant leur temps et leur créa­ti­vi­té à refa­çon­ner le monde pour un meilleur futur.

De nom­breux inter­ve­nants au Forum Ahim­sa 2017 cor­res­pondent à cette des­crip­tion, dont Chris­tian Vani­zette (Make­Sense), Lin­da Mafu (Glo­bal Fund), Richard Nijim­bere (Mai­son Sha­lom) et Dylan Wilk (Human Nature), qui étaient tous très jeunes quand ils ont démar­ré l’aventure dont ils ont témoi­gné au Forum au Forum. Tou­te­fois, ils ne pou­vaient y avoir de meilleurs repré­sen­tants de la jeu­nesse que ces huit jeunes : Omer Cim­paye, Die­go Cor­tez, Mila­gros Guz­man, Lau­ren Her­zog, Marine Ker­diles, Ema­line Laney, Wil­ma Mui et Mer­veille Nku­run­zi­za.

Par­mi leurs contri­bu­tions, dont un émou­vant échange public sur leur vision du futur avec le direc­teur géné­ral des Nations-Unies à Genève, Michael Mol­ler, une série d’interviews des par­ti­ci­pants du Forum a été réa­li­sée avec Lin­da Mafu, Richard Nijim­bere and Dylan Wilk, mais aus­si Kevin O’Brien (Han­da Foun­da­tion), Mukesh Kapi­la (Uni­ver­si­ty of Man­ches­ter), Saba Al Mubas­lat (Huma­ni­ta­rian Lea­der­ship Aca­de­my), Sha­mo­na Kan­dia (Trans­Net Foun­da­tion), Ste­fa­nie Wei­land (Life­Net), Zei­na Abdo (Smile for Hope), Renier Koe­ge­len­berg (EFSA Ins­ti­tute for Theo­lo­gi­cal and Inter­dis­ci­pli­na­ry Research) et Gideon Bya­mu­gi­sha (INERELA+). Vous pou­vez retrou­ver ces échanges sur le site Inter­net d’Ahimsa Fund, ils com­plètent per­ti­nem­ment le rap­port du Forum en appor­tant un éclai­rage plus per­son­nel sur les témoi­gnages livrés pen­dant les ses­sions.

Nous vous rap­por­tons ci-des­sous un résu­mé de leur vision du futur :

Des par­te­na­riats solides entre Ahim­sa et d’autres enti­tés visant à rendre la bonne san­té conta­gieuse, sou­te­nus par un mou­ve­ment social de masse com­po­sé de spé­cia­listes de la san­té, spi­ri­tuel­le­ment indé­pen­dants, for­més aux nou­velles tech­no­lo­gies et sen­sibles à l’écologie. Ces per­sonnes seront inno­vantes, créa­tives, pro­duc­tives et sen­sibles aux chal­lenges sociaux, aux injus­tices et aux inéga­li­tés.

Le monde res­te­ra néan­moins témoin de luttes, de nom­breuses batailles, essen­tiel­le­ment des conflits d’idées liés à des valeurs oppo­sées.
Dans cette lutte, les orga­ni­sa­tions et le réseaux réunis lors du Forum Ahim­sa auront per­mis la créa­tion d’un éco­sys­tème d’initiatives pérennes reliant des orga­nismes du monde entier, reli­gieux ou non, pour prendre soin de leur com­mu­nau­té tant au niveau médi­cal que spi­ri­tuel ou social.

Le droit à la san­té sera recon­nu comme un droit fon­da­men­tal, ce droit acces­sible à tous sans aucune dis­cri­mi­na­tion devra être au coeur d’une vision huma­niste glo­bale. Les popu­la­tions vivant dans des zones à faibles res­sources seront enfin éman­ci­pées et indé­pen­dantes éco­no­mi­que­ment, le monde aura renon­cé à la cha­ri­té en faveur de syner­gies, d’échanges d’expériences au tra­vers de coor­di­na­teurs et de repré­sen­tants locaux accom­pa­gnant l’autonomisation des plus vul­né­rables.

L’investissement dans l’entrepreneuriat social ne sera plus remis en cause mais vu comme un pilier essen­tiel du déve­lop­pe­ment durable et équi­table.
Un chan­ge­ment fon­da­men­tal va s’opérer dans lequel nous nous concen­tre­rons davan­tage sur ce que nous pou­vons par­ta­ger que sur nos dif­fé­rences.

Bien sûr, atteindre cette vision est une ambi­tion idéale qui ne se fera pas d’un coup et qui implique de nom­breux sacri­fices, pas seule­ment de temps et d’argent, mais sur­tout l’abandon de doléances pas­sées. En cela, les jeunes portent une très grande res­pon­sa­bi­li­té.

Dans ce contexte, il a été deman­dé aux per­son­na­li­tés inter­ro­gées – dont les his­toires montrent des exemples incroyables d’abnégation et de cou­rage face à l’adversité – quels seraient leurs conseils à la jeune géné­ra­tion.

Voi­là un aper­çu de ces conseils qui conden­sés s’apparentent à une sorte de codex Ahim­sa :

Enga­gez-vous. N’attendez-pas. Assu­rez-vous de par­ti­ci­per et d’être pro­duc­tif d’une manière ou d’une autre. Votre contri­bu­tion est impor­tante !

Exi­gez de savoir : c’est votre droit. Croyez en l’apprentissage. Si vous patau­gez, si vous ne savez pas où est votre place, si vous n’êtes pas convain­cu de l’utilité de votre vie et du che­min que vous avez choi­si, bou­gez dans le monde et recher­chez des expé­riences qui vous nour­ri­ront et dont vous pour­rez faire pro­fi­ter votre com­mu­nau­té.

Décou­vrez votre propre modèle. Posez des ques­tions jusqu’à ce que vous soyez satis­fait ; vous avez héri­té du monde mais vous n’êtes pas obli­gé de l’accepter tel quel, de le consi­dé­rer comme acquis. Soyez ouvert aux ren­contres, à la consti­tu­tion de com­mu­nau­tés d’idées, pas seule­ment au lycée, à l’université ou en ligne. Pen­sez plus grand.

Soyez réa­listes : vous ne serez peut-être pas aus­si puis­sants, stables ou aisés que vos parents. Vous aurez à affron­ter plus de tur­bu­lences, d’incertitudes et d’instabilité.

Ne soyez pas pes­si­mistes face aux incer­ti­tudes : trou­vez de nou­velles approches !
Ne soyez pas pri­son­nier du pas­sé, au contraire ser­vez-vous en comme d’un trem­plin pour le futur. Exa­mi­nez l’histoire, et tirez-en les leçons mais n’oubliez pas que le futur reste une terre inex­plo­rée.

Croyez en vous, et non en ce que l’on dit de vous ou en ce que la socié­té sou­haite que vous soyez. Recher­chez l’estime et la confiance en vous et uti­li­sez-les pour rendre le monde meilleur.

Construi­sez des réseaux et des alliances ; col­la­bo­rez. Don­nez votre point de vue : l’implication des jeunes dans la ges­tion, la gou­ver­nance, la pla­ni­fi­ca­tion et l’évaluation est essen­tielle.

Quand, inévi­ta­ble­ment, vous tra­ver­se­rez des moments dif­fi­ciles, pleu­rez puis rele­vez-vous ! Ne renon­cez pas, les choses s’amélioreront.

Votre com­mu­nau­té est une res­source de valeurs, n’hésitez pas à deman­der de l’aide. Ne lais­sez pas les obs­tacles vous endur­cir car alors vous per­drez en huma­ni­té.

Tra­vaillez ! Les besoins et les demandes sont nom­breuses. Recher­chez de bons men­tors. For­mez-vous autant que pos­sible.

Si vous êtes issus des pays déve­lop­pés ou d’origines pri­vi­lé­giées, il y a tou­jours des demandes pour tra­vailler dans les pays en déve­lop­pe­ment ; mais allez-y une fois que vous avez l’expérience et les capa­ci­tés pour contri­buer effi­ca­ce­ment.

Ce sont des cri­tères ambi­tieux, dif­fi­ciles à atteindre, mais au fond il est facile d’en faire une règle de vie. En tant que pro­jet pour la jeune géné­ra­tion, ils rendent la vision d’Ahimsa plus concrète.

Et si vous êtes ama­teur d’ “ele­va­tor pitch”, Dylan Wilk, a résu­mé fina­le­ment cette vision en expo­sant dans sa contri­bu­tion 3 règles très simples qui, dit-il, garan­tissent le suc­cès :

Pre­miè­re­ment, ne renon­cez pas.
Deuxiè­me­ment, ne pen­sez même pas à renon­cer.
Troi­siè­me­ment, quoiqu’il arrive … ne renon­cez tou­jours pas.